2001 : l’odyssée de l’espace (1968) de Stanley Kubrick

Là on est censé citer la fameuse phrase de Pascal, véritable tarte à la crème quand il s’agit de parler de ce film, lisez quelques autres critiques et vous verrez, même s’il faut reconnaître qu’elle illustre parfaitement le travail de Kubrick, qui a su filmer à merveille le mystère et le silence, donc vous m’excuserez de céder à la tentation de la citation, alors la phrase la voilà : « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. » Bon plus sérieusement, que dire de ce film, sinon qu’il est l’un des plus fascinants et intrigants de toute l’histoire du cinéma. J’aurais aimé le découvrir à l’époque de sa sortie afin de ressentir le choc qu’avaient ressenti les cinéphiles de l’époque, comme le grand critique Michel Ciment qui, au début de son beau et brillant ouvrage sur Kubrick, exprimait l’état de sidération qui était le sien après avoir vu ce film, déambulant dans les rues de Londres, encore un peu dans les vapes. Car ce film stimule nos sens dès les premières images, avec un fond noir – couleur dominante de l’Univers – qui dure plusieurs minutes sur une musique, mystérieuse tout d’abord, puis de plus en plus inquiétante. Enfin, Kubrick, tel un Dieu créateur, finit par proclamer l’avènement de la lumière, et ce de la manière la plus majestueuse, avec cet alignement des astres, d’une symétrie parfaite. Bref cette scène inaugure le côté très rationnel du film et le cinéaste, perfectionniste obsessionnel, semble avoir voulu atteindre l’absolu, et le comble dans cette affaire, c’est qu’il n’a pas été loin d’y parvenir, tant le film est harmonieux et contemplatif.

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Quelques bonnes scènes (01)

Mammuth (2010) de Gustave Kervern et Benoît Delépine

Après avoir vu ça, on ne peut plus s’empêcher d’y penser à chaque fois que l’on passe devant un étal de boucher. Depardieu, qui excelle quand il s’agit de pousser une gueulante, est pour une fois sur la défensive, face au cynisme ambiant nourri par la crise économique. Sujet dont Kervern (qui joue le boucher) et Delépine se nourrissent dans leurs films, dans lesquels ils dépeignent en général des personnages hauts en couleur, pas vraiment favorisés par la vie, mais qui persistent à chercher un sens à leur vie, le tout avec de sacrées performances d’acteur, allant jusqu’à révéler le potentiel comique de… Michel Houellebecq, dans Near Death Experience. Dans cette scène on frôle limite le burlesque, surtout quand on voit Kervern et Depardieu s’éloigner tout en s’insultant, en plus c’est joué avec une telle spontanéité.

Crimes et Délits (1989) de Woody Allen

Une scène issue d’un des plus grands chefs-d’œuvre de Woody Allen, où celui-ci joue un personnage un peu fauché qui Continuer la lecture de Quelques bonnes scènes (01)