Les meilleurs films de 2016

Je vais m’essayer pour la deuxième fois à l’exercice périlleux du classement, celui des films qui m’ont le plus marqué au cours de l’année 2016. Je vais m’attarder sur une trentaine de films (onze de plus par rapport à mon classement des meilleurs films de 2015) mais sans les classer de manière claire, je m’explique : étant donné la difficulté et le caractère arbitraire de cet exercice, les films dont je vais parler ne seront pas classés de la première à la dernière place, ce qui est impossible à faire à mes yeux. Mon classement suit une hiérarchisation très souple, c’est-à-dire que les premiers films dont je vais parler sont probablement ceux qui m’ont le plus marqué mais au fond, chacun de ces films pourrait être classé, selon mes réévaluations et mon humeur du moment, cinq places plus haut ou cinq places plus bas. Les films dont je parle à la fin de l’article demeurent de bon films et, qui sait, peut-être que dans un an je considérerai, avec le recul, que certains mériteront de figurer un peu plus haut dans ce classement.

En cette année 2016, les duos et les couples ont envahi les écrans, il suffit de voir les images en illustration. Les histoires d’amour ont été toujours aussi nombreuses au cours de cette année, également  marquée  par des histoires mettant en scène le choc des caractères, et qui se dénouent de différentes manières, parfois dans un bain de sang. Il a aussi beaucoup été question des relations familiales, des liens entre générations, de l’adolescence aussi, avec de très bons récits d’apprentissage, de passage à l’âge adulte. A une échelle plus grande, on a pu voir des destins individuels mis en difficulté par leur propre communauté, qui tend à les exclure, à les marginaliser pour diverses raisons. Parfois la solidarité est carrément mise en péril, voire se rompt définitivement, ouvrant la voie à la guerre de tous contre tous, comme on a pu le voir dans quelques documentaires (moins nombreux comparé à l’année 2015, comme vous pourrez le constater dans mon précédent classement). Les personnages se trouvent alors en résistance par rapport à la marche actuelle du monde, à ses injonctions. Comment rester debout ? Comment ne pas devenir fou ? Comment ne pas faire preuve de brutalité, de cynisme, d’indifférence, dans des milieux où ces valeurs sont érigées comme principes d’action ? Malgré tout, au milieu de cet océan de problèmes surgissent quelques bribes de sens, de la beauté, ou bien des gestes héroïques ayant pour but de sauver ce qui peut encore l’être. Les déconvenues laissant place à de nouveaux espoirs, à une résilience salutaire.

Julieta de Pedro Almodóvar

classement 2016 1

Un très beau film, Almodóvar revient à une veine plus sombre et dramatique, un peu dans la lignée d’Etreintes brisées, délaissant l’humour et l’exubérance qui pouvaient caractériser certains de ses précédents films, notamment son dernier, Les Amants passagers, où il avait poussé assez loin le curseur dans le registre mœurs libérées. Dans Julieta, on en revient à l’épure, mais sans que cela soit austère. Nous ne sommes pas non plus noyés sous une musique trop envahissante car dans ce film, elle soutient très justement cette histoire d’une femme voyant le temps et les générations passer. Certains êtres chers disparaissent, et puis cela se renouvelle, chaque personnage refaisant sa vie avec d’autres, avec une rapidité et une facilité qui pourraient presque relever du cynisme. Néanmoins, et c’est là que le film parvient à déployer toute l’émotion qu’il contient, certaines séparations passent mal, notamment celle entre Julieta et sa fille. Bref, ce film nous montre la douleur de la perte de l’être aimé, le tout ramassé dans un film d’1h30 seulement, très harmonieusement construit. En outre, il y a comme toujours chez Almodóvar un grand soin apporté au travail sur les couleurs comme on peut le voir sur l’image de présentation, dans un style très sobre et dépouillé, un peu à la manière de ces artistes qui, prenant de l’âge, vont à l’essentiel. Une grande réussite.

Les Huit Salopards de Quentin Tarantino

THE HATEFUL EIGHT

En revoyant ce film une deuxième fois, j’ai été une fois de plus bluffé, on ne voit pas le temps passer et ce, malgré ses trois heures. On est captivé par des dialogues toujours aussi savoureux, écrits et drôles, une marque de fabrique chez Tarantino, et par ces scènes qui montent en tension jusqu’à ce que la violence explose. Pour son neuvième long-métrage, Tarantino semble faire le point sur sa carrière, car ce nouvel opus est bourré d’autocitations, il semble contenir tous les précédents films du cinéaste : c’est l’occasion de revoir des acteurs qui ont marqué son cinéma. On retrouve aussi le huis clos sanglant façon Reservoir Dogs, avec tous ces bad guys hauts en couleur, contraints de cohabiter dans la même auberge. Comme dans Django Unchained, Tarantino se sert du sujet de son film pour interroger l’histoire de l’Amérique, en insistant sur ses fractures, notamment avec cette idée géniale de réunir dans la même pièce les partisans des deux anciens camps de la Guerre de Sécession. Le cinéaste fait alors ce qu’il sait faire de mieux, c’est-à-dire mettre en scène de longues discussions, avec des reparties souvent mordantes, et qui donnent au spectateur l’illusion que ces gens aux convictions opposées arrivent néanmoins à dialoguer de manière civilisée, or il n’en est rien. Tout cela a un côté un peu théâtral mais ça reste du cinéma car Tarantino soigne toujours autant la forme et ses mouvements de caméra. Bref, un des meilleurs films de l’année.

Elle de Paul Verhoeven

classement 2016 3

Pour l’interprétation magistrale d’Isabelle Huppert, qui incarne une inflexible dirigeante de start-up, violée en rentrant chez elle par un inconnu cagoulé. Refusant de porter plainte, son agresseur n’en finit pas de la harceler, dans une sorte de jeu trouble et pervers, à l’image du film tout entier. Les relations troubles qu’entretiennent les personnages dans ce monde de l’entreprise ne sont pas sans rappeler Passion (2012) de Brian De Palma, qui mêlait rapports de domination, sexe et violence, dans un film tout aussi trouble et complexe que ce très grand film de Verhoeven.

The Strangers de Na Hong-jin

classement 2016 4

Cet excellent film, parfaitement représentatif de la vitalité du cinéma sud-coréen, ne s’embarrasse pas de catégorisations. C’est très simple, il mélange tout : le thriller façon Seven, le film policier, le burlesque, le fantastique, l’horreur, … On ne voit pas les 2h30 passer. L’histoire se déroule dans un petit village de montagne frappé par une série de meurtres particulièrement sanglants. Les soupçons se portent alors très vite sur un homme vivant reclus dans la forêt, d’origine japonaise qui plus est ! De quoi signer pour de bon sa culpabilité, les rumeurs et superstitions des villageois faisant le reste. Le policier en charge de l’enquête est un bras cassé de la pire espèce, aussi nul – et hilarant au passage – que les flics de Memories of Murder, le chef-d’œuvre de Bong Joon-Ho. L’atmosphère pluvieuse et poisseuse de ce film nous colle à l’esprit longtemps après le visionnage.

Quand on a 17 ans d’André Téchiné

classement 2016 5

17 ans. Année du bac. Année de tous les dangers. Deux jeunes lycéens se toisent et se battent régulièrement. L’un, Damien, est le fils d’un militaire et d’un médecin (éblouissante Sandrine Kiberlain). L’autre, Tom,  est le fils adoptif d’un couple de fermiers perché dans la montagne. Afin d’éviter les trop longs trajets et de réviser plus consciencieusement le bac, la mère de Damien propose à Tom de l’héberger. Les deux jeunes gens commencent alors à s’apprivoiser, avec la très bienveillante mère de Damien en guise d’arbitre. Ce drame sentimental, très émouvant, saisit avec une grande justesse cette période transitoire qu’est la fin de l’adolescence, où se cristallise l’identité, dans une quête de soi parfois violente. Par moments, le réel se manifeste dans toute sa dureté, affectant les personnages au plus profond d’eux-mêmes, tout en les faisant progresser, de la même manière que dans Les Roseaux sauvages, autre chef-d’œuvre de Téchiné.

Les délices de Tokyo de Naomi Kawase

classement 2016 6

Un vendeur de dorayakis – des pancakes fourrés d’une pâte de haricots rouges –  mène sa petite vie d’une manière désabusée, avec ses airs de glandeur, du moins c’est ce que laisse penser la première scène, où on le voit marcher en traînant des pieds. Un jour, une vieille femme, jouée par Kirin Kiki, une actrice très populaire au Japon, le supplie de l’embaucher afin de parfaire sa recette des dorayakis qui la laisse un peu sur sa faim. Avec cette aide précieuse, le jeune vendeur retrouve sa raison d’être et reprend peu à peu le goût du travail bien fait. Vu que c’est un film japonais, on n’échappe pas aux cerisiers en fleurs. Mais on est loin du cliché puisque tout cela a été mûrement réfléchi, que ce soit le rapport à la nature, ou bien à la cuisine, qui est filmée avec une sensualité rarement atteinte au cinéma.

Toni Erdmann de Maren Ade

classement 2016 7

Un père farceur et quelque peu encombrant essaie de renouer avec sa fille, cadre dans une grande entreprise, rigide, glaciale, en autocontrôle permanent, inapte au bonheur, travail, travail, travail, bref pas du genre à sourire. Dit comme ça, ça sent le cliché, mais la jeune cinéaste allemande a fait preuve de suffisamment de finesse pour proposer une œuvre sensible et drôle, où on voit le père, toujours imprévisible, s’incruster dans les lieux où travaille sa fille, en se faisant passer pour quelqu’un d’important, et en faisant des blagues pas toujours du meilleur goût.

Un jour avec, un jour sans de Hong Sang-soo

classement 2016 8

Quand on a vu plusieurs films de Hong Sang-soo, il devient ensuite difficile de relier les histoires à leurs titres respectifs tant elles se ressemblent. On peut néanmoins en dégager quelques fondamentaux : en général il est question de relations amoureuses, souvent entre un prof de cinéma et ses étudiantes – peut-être est-ce autobiographique ? Tout ça finit neuf fois sur dix par une bonne cuite au soju, l’occasion de sortir quelques vérités et de se dévergonder. Et enfin, ultime raffinement, ultime caractéristique permettant à coup sûr d’identifier la patte du cinéaste : le léger zoom avant, parfois sans que l’on y trouve une quelconque signification. Le cinéaste prolonge, film après film, cet univers savoureux en de multiples variations, toutes passionnantes en dépit de la légèreté apparente de ces histoires, qui ne sont pas sans rappeler les subtilités du cinéma de Rohmer, dont le cinéaste se revendique ouvertement. Ce film-ci raconte la rencontre entre un réalisateur et une jeune peintre, racontée deux fois, mais avec quelques variations. Hong Sang-soo n’y est pas allé par quatre chemins : à la moitié du film, on recommence tout, et c’est au spectateur de jouer au jeu des différences.

Baccalauréat de Cristian Mungiu

classement 2016 9

Un médecin quinquagénaire quelque peu désabusé n’a plus qu’une seule obsession, faire en sorte que sa fille quitte ce pays de merde qu’est la Roumanie, du moins c’est le tableau qu’il nous en fait, lui qui avait, avec sa femme, tant espéré suite à la chute de Ceausescu. En tout cas les premières scènes ne nous font pas penser le contraire, et nous donnent l’image d’une société corrompue jusqu’à la moelle, où chacun est l’obligé d’un autre, et où l’on obtient n’importe quel service moyennant finance, héritage de l’époque communiste où il était nécessaire de pallier la rigidité du système en « huilant » les rouages, comme on dit. Pour parvenir à ses fins, cette fille doit d’abord obtenir son bac avec une bonne mention afin qu’elle puisse décrocher une bourse pour étudier en Angleterre. Or elle se fait agresser dans un chantier peu avant ses examens. Le père, qui n’a plus aucune illusion, jette alors toutes ses forces dans ce combat, afin que sa fille puisse faire ce que lui-même et sa génération n’ont pas eu le courage de faire.

Fais de beaux rêves de Marco Bellocchio

classement 2016 10

Un film très fort et touchant. Une relation fusionnelle entre un enfant et sa mère prend fin avec la mort de celle-ci, laissant l’enfant dans le désarroi, lui qui faisait preuve d’une si forte joie de vivre. Mais il ne se laisse pas abattre pour autant, son tempérament rebelle et son caractère lui permettent de rebondir, un peu. Pour s’en convaincre il suffit de voir son air buté de gamin qui n’a pas eu ce qu’il voulait, avec son regard noir inoubliable. Devenu reporter de guerre en Yougoslavie dans les années 1990, il reste tourmenté par le souvenir de cette mère, et se fait aider par un médecin joué par Bérénice Béjo. Ce film n’a pas eu une grande résonance dans les médias français, alors qu’il traite d’un sujet quelque peu similaire à Manchester by the Sea, à savoir les tourments suite à la perte d’êtres aimés. A l’inverse du film de Bellocchio, le film de Kenneth Lonergan fit l’objet d’un véritable matraquage médiatique, certains parlant même du meilleur film de l’année ! Personnellement je trouve ce film très surfait, quelque chose ne fonctionne pas, il y a une lenteur, une retenue mal gérée, presque classique dans un certain cinéma contemporain, et qui vire à l’ennui, en plus le film est trop long, alors que le film de Bellocchio, qui a la même durée, contient quelque chose d’émouvant et ce peu importe qu’il s’agisse de l’enfant ou de celui-ci devenu adulte, bref c’est une question de dosage, sur laquelle même les meilleurs techniciens et acteurs peuvent se ramasser.

Saint Amour de Gustave Kervern et Benoît Delépine

classement 2016 11

Un père éleveur et son fils, joués respectivement par Gérard Depardieu et Benoît Poelvoorde, tous deux excellents, vont comme chaque année au Salon de l’Agriculture, le père présentant une de ses bêtes, tandis que son fils saoulard vogue de stand en stand histoire de faire la route des vins. Pour renouer avec ce dernier, le père décide de l’embarquer pour une vraie route des vins, à laquelle se joindra le taxi qui les emmène, joué par Vincent Lacoste. Ce trio de choc, allié au talent burlesco-dramatique de Kervern et Delépine ne pouvait que donner un bon film, un bon road-movie réussissant le tour de force de mélanger le drame façon Paris, Texas avec le côté libertaire et joyeux des Valseuses.

Frantz de François Ozon

classement 2016 12

Un film en noir et blanc se situant dans l’après Première Guerre mondiale. Vu de loin on aurait pu craindre un film un peu artificiel, et un Pierre Niney un peu trop lisse et affecté, flottant dans des costumes d’époque. Et bien c’est tout le contraire, le cinéaste ayant parfaitement réussi à retranscrire l’atmosphère de l’époque, faite d’amertume du côté allemand, et d’un triomphalisme façon « malheur aux vaincus » du côté français. Au milieu de tout cela, des destins individuels meurtris par la guerre, interprétés par des acteurs d’une grande justesse, donnant le meilleur d’eux-mêmes, et qui débutent le film au pied de la tombe d’un dénommé Frantz, autour de laquelle se noue une relation entre un Français et une Allemande. Le tout englobé dans une mise en scène des plus élégantes, caractéristique du cinéma d’Ozon qui est toujours porté, film après film, par des acteurs de grand talent (Luchini, Deneuve, Rampling, …).

Homeland : Irak année zéro (en deux parties) d’Abbas Fahdel

classement 2016 13

Ce documentaire fleuve nous montre la vie d’une famille irakienne avant puis après l’invasion de leur pays par les Américains en mars 2003. La tension monte à l’approche de la guerre, et il est étonnant d’entendre les arguments de Saddam Hussein qui, avec le recul, paraissent on ne peut plus lucides et réalistes, pointant avec beaucoup de justesse cette volonté d’imposer au Irakiens un ordre nouveau, malgré eux. Un peu plus et le réalisateur ne serait pas loin de le réhabiliter. Du reste, l’ont voit la vie quotidienne de cette famille, dont les occupations et préoccupations ne diffèrent guère de celles des Occidentaux. Montrer l’autre afin de ne pas le réduire a de vulgaires préjugés, voilà un des enjeux principaux de ce documentaire, qui nous montre très bien, dans la seconde partie, le côté boîte de Pandore de cette guerre, avec l’effondrement de l’Etat irakien. Les familles s’arment afin de se défendre, non pas des Américains, mais de ceux qui profitent du chaos pour voler leurs voisins ou faire progresser des convictions politico-religieuses, premiers soubresauts d’une guerre civile qui ne faisait que commencer.

Juste la fin du monde de Xavier Dolan

classement 2016 14

Un écrivain à succès joué par Gaspard Ulliel revient dans sa ville natale avec l’intention d’annoncer sa mort prochaine à sa famille, qu’il n’a pas vue depuis des années. Derrière les sourires de convenance, on sent que quelque chose s’est cassé, ils n’ont plus rien à se dire, et à cela s’ajoutent les différences sociales, l’écrivain faisant l’objet d’une présomption d’arrogance du fait de sa réussite, même s’il demeure une part d’admiration chez sa sœur, jouée par Léa Seydoux. Quant à Vincent Cassel, qui joue son frère, et bien il nous fait du Vincent Cassel, toujours énergique, taquin et cassant, la promotion sociale de son frère cadet ayant du mal à passer. Xavier Dolan, qui n’a même pas 30 ans, confirme son talent et son œuvre parvient, film après film, à une certaine maturité, gommant peu à peu les quelques défauts et lourdeurs de ses précédents films, dont l’excellent Mommy.

Les Ogres de Léa Fehner

classement 2016 22

Le titre de ce film ne pouvait pas mieux résumer cette troupe de théâtre, dont on suit les bonheurs et les malheurs. Enfant de la balle, la cinéaste n’a pas hésité à utiliser ses parents comme acteurs, afin que ceux-ci retranscrivent cette ambiance bruyante et nomade dans laquelle elle a baigné durant son enfance. Adèle Haenel vient apporter sont indéniable talent de comédienne, une des meilleures actrices du moment. Mais la surprise vient peut-être de Marc Barbé, qui joue un homme tourmenté, toujours un peu borderline. Que ce soient les joies collectives, les engueulades, les numéros joués par les personnages, tout est filmé de manière à intégrer le spectateur au sein de ce groupe, avec une musique bien entraînante contrebalançant les moments plus calmes, plus intimes, plus tristes, dans une sorte de yo-yo permanent.

L’Avenir de Mia Hansen-Løve

classement 2016 21

Isabelle Huppert, toujours et encore. Toujours aussi talentueuse dans ce rôle de prof de philo cumulant les déconvenues, mais faisant preuve d’une grande résilience. Quinquagénaire, elle voit tout ce qu’elle a construit jusqu’à présent se déliter sous ses yeux, sa famille notamment, n’ayant plus que son travail comme ultime satisfaction, espérant que ses élèves pourront penser par eux-mêmes, peu importe leur réussite sociale future et les impasses politiques dans lesquelles ils pourraient s’engager. Certains n’y verront que l’étalement d’états d’âme bourgeois, avec le côté un peu élitiste du couple d’enseignants agrégés allant se recueillir tous les ans sur la tombe de Chateaubriand. Mais il serait dommage de se priver d’un si beau film, qui démontre une fois de plus la vitalité du jeune cinéma français, n’en déplaise aux grincheux et déclinistes de tous bords.

The Revenant d’Alejandro González Iñárritu

classement 2016 17

Début du XIXème siècle. Un groupe de trappeurs en activité dans le nord des Etats-Unis décide d’abandonner l’un des leurs, grièvement blessé par un ours. Laissé pour mort, ce dernier s’engage dans une lutte impitoyable avec la nature et le climat, glacial, afin de rejoindre le monde civilisé et régler ses comptes avec ceux qui l’ont abandonné. Ce film de survie, très beau visuellement, peut sembler frôler l’esthétisme. Mais il faut bien reconnaître que l’on a affaire à quelque chose de totalement inédit, jamais un film de survie n’avait été filmé de cette manière, fort de toutes les évolutions techniques de cette dernière décennie. Avec le chef opérateur de Malick à l’image, il ne pouvait qu’en sortir un film de toute beauté. Du reste, il est question de l’instinct de survie, et de ce qui peut motiver celui-ci, mais une question demeure sans réponse : que reste-t-il de soi-même après avoir donné tant d’énergie dans l’espoir d’une hypothétique vengeance ?

Moi, Daniel Blake de Ken Loach

classement 2016 18

Un menuisier de 59 ans atteint de problèmes cardiaques est contraint de retrouver du travail et de travailler, en dépit des recommandations de son médecin, sous peine de devenir SDF. Il fait alors face au contraignant système d’aide sociale britannique, avec son côté « marche ou crève », effet néfaste du néolibéralisme, que Ken Loach n’a eu de cesse de dénoncer depuis les années Thatcher, jusqu’à son discours de réception de la Palme d’or, qui couronna ce film, très bon sur le plan dramatique, avec ce personnage parfaitement incarné et touchant, « toujours debout » malgré les épreuves. Par moments c’est un peu démago mais ça reste un film très réussi.

Café Society de Woody Allen

classement 2016 19

Un bon Woody Allen, mais pas un de ses meilleurs. On peut toutefois comprendre qu’il est difficile pour lui de revenir au niveau de ses meilleurs films, comme Annie Hall, Crimes et délits ou Match Point. Mais Woody Allen a ce talent pour faire en peu de temps des films de qualité, bien au-dessus de bon nombre de films pouvant sortir au cinéma. Le tout avec une légèreté et une fraicheur revigorantes, on est emporté dès les premiers plans, magnifiques, avec ces récurrents morceaux de jazz, un peu moins marquants dans ce film comparé à ceux de Magic in the Moonlight, qui restaient longtemps en tête. Mais ce nouveau Woody Allen demeure une réussite grâce à ses formidables acteurs. Jesse Eisenberg, qui nous joue là une sorte d’alter ego du cinéaste. Son jeu, au début tout en gaucherie et maladresse, avant de devenir nettement plus affirmé, coïncide avec son ascension sociale qui est celle d’un parvenu essayant de se faire une place dans le bouillonnant Hollywood des années 1930. En plus des dialogues, qu’il débite aussi vite que ne le faisait Woody Allen dans Manhattan, il y a tout un travail sur ses attitudes corporelles, révélant chez lui des talents qui le détachent de son image d’incarnation de Mark Zuckerberg dans The Social Network, qui lui collait à la peau. Face à lui, deux femmes lumineuses, dont Kristen Stewart, qui joue plutôt bien mais sait mieux faire, il suffit de voir son excellente prestation dans Sils Maria d’Olivier Assayas. Ce dernier lui a d’ailleurs donné le premier rôle dans son nouveau film, Personal Shopper. Enfin on retrouve avec plaisir tous les thèmes chers à Woody Allen, même si on a par moments l’impression qu’il reprend les mêmes thèmes film après film sans forcément beaucoup les enrichir. Il est tout à fait acceptable de voir un cinéaste persister dans les mêmes thèmes film après film, pour approfondir sa propre réflexion, comme je l’ai déjà mentionné dans le cas de Hong Sang-soo, mais là avec ce film, il y a par moments un petit goût de recyclé, contrairement à son dernier film, L’homme irrationnel, où il avait fort bien réussi en poussant le curseur assez loin en matière de cynisme. Si on n’a pas vu d’autres Woody Allen, on peut être très agréablement surpris, mais si on essaie de mettre des hiérarchies dans la filmographie du cinéaste, c’est autre chose. Mais ça reste une belle réussite, car le film est loin d’être un ratage, on reste au niveau des « bons » Woody Allen.

Merci Patron ! de François Ruffin

FRANCE-POLITICS-PROTEST

Un film documentaire très malin et très drôle, un des étendards du mouvement Nuit Debout. En prenant en charge le cas d’un couple d’ouvriers au chômage pour cause de délocalisation, François Ruffin a redonné une visibilité très concrète à ces actualités industrielles, pouvant paraître banales à la longue. Comment exiger une indemnisation digne de ce nom à ce géant industriel qu’est LVMH ? Avec du culot. Et la leçon, triste peut-être ça dépend du point de vue, est que cela paie, seuls comptent les rapports de force, le chantage (dans les deux sens), la fourberie. Plus généralement, il s’agit là d’un exemple représentatif de cette France désindustrialisée du Grand Est et du Nord, de ces « vaincus » de la mondialisation, de cette France prête à exploser, et qui n’est pas loin de penser qu’elle n’a plus rien à perdre, en témoigne cette scène ou l’ouvrier au chômage évoque, pour s’en inspirer, d’une scène de Petite Maison dans la prairie, où l’un des personnages fait sauter sa maison avec des explosifs pour manifester sa colère.

Rester vertical d’Alain Guiraudie

classement 2016 23

Un réalisateur (ou scénariste, on ne sait pas trop) en panne d’inspiration peine à boucler le scénario qu’il a promis à son producteur, vivotant des avances que ce dernier a bien voulu lui accorder. Il quitte alors Brest pour se mettre au vert, dans un des endroits les plus paumés de France, pile dans la « Diagonale du vide » : les plaines désertiques de la Lozère. Tiens donc ! Juste à côté de l’Aveyron natal d’Alain Guiraudie, que celui-ci aime tant filmer. Le cinéaste revendique sa marginalité et creuse son sillon film après film, notamment dans son très remarqué précédent film, L’Inconnu du lac, un thriller homosexuel ayant pour cadre et unique cadre une plage au bord d’un lac, qui, selon une légende, contiendrait un silure géant. Dans le nouveau film du cinéaste, le silure cède la place à la légende du loup, devant lequel il convient de rester droit sur ses jambes, sans jamais se retourner afin de dominer l’animal. L’injonction que contient le titre peut s’appliquer à d’autres choses, y compris les plus osées. Notre scénariste rencontre les rares gens qui habitent ce trou paumé, et finit par s’installer avec une fille qu’il met enceinte. Alain Guiraudie ne s’embarrasse pas de tabous pour évoquer le baby blues, la solitude et la misère affective dans les campagnes. Un grand soin est accordé aux personnages, qui ont une certaine épaisseur, une authenticité brute de décoffrage que semble affectionner le cinéaste.

Tout de suite maintenant de Pascal Bonitzer

classement 2016 24

Deux générations d’acteurs s’entrecroisent dans ce film particulièrement fouillé en ce qui concerne les personnages, les caractères s’entrechoquent au fil des rencontres : une jeune femme (Agathe Bonitzer, fille du cinéaste) vient d’être embauchée dans le milieu froid et aseptisé de la finance. Ses deux patrons (Lambert Wilson et Pascal Greggory) semblent connaître son père (toujours excellent Jean-Pierre Bacri), un mathématicien qu’ils auraient humilié par le passé, et qui s’est reconverti dans la recherche. Le physique d’ascète et l’air austère de celui-ci suffisent à illustrer son amertume. A cette galerie de personnages viennent enfin s’ajouter un jeune homme (Vincent Lacoste) qui fait lui aussi son entrée chez les requins, en aidant Agathe Bonitzer à conclure un contrat, sans oublier la femme du personnage joué par Lambert Wilson, incarnée par… Isabelle Huppert (oui, oui, encore elle), et qui semble bien s’emmerder dans son couple. Le titre du film prend vite tout son sens avec cette histoire, dans laquelle la rapacité de quelques-uns finit par ériger le cynisme comme seul moyen de s’élever socialement, les autres n’ayant plus qu’à se conformer au mouvement ou à se morfondre dans leurs ambitions déçues.

Sully de Clint Eastwood

classement 2016 25

Voilà un film qui prouve qu’il n’y a pas besoin de compliquer la mise en scène pour faire un bon film. Clint Eastwood a ceci de particulier qu’il est capable de se saisir d’une histoire, qui pourrait être une énième pompe à fric faite par Michael Bay (rien que d’écrire son nom me fais mal), et d’en faire un excellent film. En s’emparant de cette histoire vraie d’un pilote d’avion ayant sauvé ses passagers en amerrissant sur l’Hudson, le cinéaste, en plus de saluer le geste héroïque, dénonce les subtilités juridiques dont a fait preuve la hiérarchie du pilote, accusant celui-ci d’avoir été un peu trop téméraire, genre ça passe ou ça casse. En outre, c’est l’occasion pour Tom Hanks et Aaron Eckhart, deux valeurs sûres à Hollywood, de prouver qu’ils ne se sont pas reposés sur leurs lauriers.

The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

classement 2016 26

Une adolescente (Elle Fanning) monte à Los Angeles avec la ferme intention de devenir mannequin. Le cinéaste, qui est passé par le monde de la pub, à évidemment trouvé là un prétexte idéal pour déployer ses talents d’esthète, qu’il a déjà si bien démontrés dans ses précédents films (Drive, Only God Forgives, …). Il lâche Ryan Gosling pour une actrice non moins talentueuse, qui joue cette jeune ingénue, quelque peu paumée dans ce monde aseptisé, impitoyable et extrêmement concurrentiel qu’est le monde de la mode, où tous les coups sont permis (même les pires) afin de se hisser en haut de la chaîne alimentaire. Les instincts prédateurs remontent alors très vite à la surface dans ce qu’ils ont de plus primitifs, l’espoir de gloire se transformant vite en cauchemar.

Paterson de Jim Jarmusch

classement 2016 27

Un jeune homme prénommé Paterson (Adam Driver), vivant à Paterson, mène une existence parfaitement réglée. De son travail de chauffeur de bus au bar où il boit habituellement sa bière du soir, en passant par sa compagne (Golshifteh Farahani) avec entre eux deux un chien au regard vide, cet univers nous devient vite familier, afin de mieux nous rendre sensibles à tout ce qui déroge à cette routine, en particulier les talents de poète de ce chauffeur, qui glane çà et là son inspiration au fil des conversations qu’il peut entendre. C’est un film assez calme, voire un peu planant, comme le sont certains films du cinéaste, qui fait par ailleurs preuve d’une grande sobriété en ce qui concerne la mise en scène, contrairement à Only Lovers Left Alive, plus baroque, plus stylisé, pour coller à cette histoire de passion et de réclusion amoureuse chez des vampires, dans le Détroit dévasté et déserté d’après la crise de 2007-2008. La répétition est présentée comme étant une base de la création artistique, s’opposant à une vision plus romanesque qui voudrait qu’un artiste crée nécessairement son œuvre d’un seul jet, dans une sorte de folie créatrice ne devant plus être stoppée. Or ici, c’est la vie quotidienne qui est célébrée, dans ses aspects les plus banals, nous conviant à être plus attentifs aux petits riens.

Sparrows de Rúnar Rúnarsson

classement 2016 29

Ari est un adolescent doté d’une voix exceptionnelle qui lui ouvre les portes de la chorale. Sa mère, qui doit aller à l’étranger, décide de le faire quitter son confort citadin de Reykjavik pour aller se perdre dans les fjords auprès de son père, un alcoolo notoire, pas très gâté par la vie, et vivant dans un milieu où les gens sont en général vite endurcis par la vie. Evidemment la présence du  jeune et bel adolescent détonne dans un milieu où l’on valorise une virilité ostentatoire. Il apprendra progressivement le métier d’adulte auprès des locaux, donnant le coup de main, touchant sa première paie, et faisant son initiation sentimentale en entamant une relation avec une fille courtisée par un mec roulant les mécaniques. En voyant ce film, on comprend tout l’intérêt des festivals, qui offrent une visibilité à des films, tel ce long métrage islandais, qui seraient passés totalement inaperçus sans ce coup de pouce.

La Fille inconnue de Jean-Pierre et Luc Dardenne

classement 2016 30

Un jeune médecin joué par Adèle Haenel s’installe dans les quartiers difficiles d’une ville de province, en Belgique probablement. En tout cas les Dardenne n’ont jamais fait beaucoup de kilomètres depuis chez eux pour tourner leurs films. Cette fille rend service à ses patients avec une grande opiniâtreté et un oubli de soi des plus surprenants, dormant même dans son cabinet. Sa conscience professionnelle est mise en doute le jour où une patiente, à qui elle n’avait pas ouvert la veille, est retrouvée morte dans un chantier de construction. Elle décide de passer outre l’enquête de la police afin d’en chercher les causes par elle-même, quitte à fouiner, à ses risques et périls, dans les affaires louches qui gangrènent ces quartiers.

Carol de Todd Haynes

classement 2016 31

Une jeune vendeuse de jouets (Rooney Mara) tombe amoureuse d’une femme riche et bien installée (Cate Blanchett) en instance de divorce avec un mari particulièrement agressif et dominateur. Un jour dans le tram, la promiscuité m’a permis d’intercepter une discussion entre deux filles a propos du film qu’elles venaient de voir, et je tentais d’en deviner le titre. Ce que je parvins à faire au bout d’un moment, après quelques indices, une des filles lâchant : « Le mec de Cate Blanchett, c’te gros con j’aurais voulu le fusiller ». En effet, c’est bel et bien l’effet que nous fait ce pur produit de l’Amérique puritaine d’Eisenhower : conformiste, moralisateur, inquisiteur, l’histoire se situant en plein maccarthysme. Bref, une énième histoire d’amour entravée par la société et la morale dominante, mais filmée avec une telle sensualité et une telle beauté, un peu comme si on avait donné vie aux tableaux de Hopper (soit dit en passant, si vous voulez vraiment voir les tableaux de Hopper réinterprétés au cinéma, il suffit de voir l’excellent Shirley, un voyage dans la peinture d’Edward Hopper (2013).

Nocturama de Bertrand Bonello

classement 2016 32

Suite aux attentats de ces dernières années, on pouvait se demander quand est-ce que les cinéastes allaient s’en inspirer. Ce qu’à fait Bonello avec ce film, mais en le dépouillant de tout moralisme, de tout symbolisme lourdingue. Ici le temps est parfaitement maîtrisé, que ce soit par le cinéaste ou par les jeunes gens qu’il met en scène, et qui se préparent méthodiquement  à commettre des attentats en plein Paris. Ce film m’a fait un peu penser à Elephant de Gus Van Sant, qui traitait de la tuerie de Columbine en 1999, et qui alliait virtuosité de la mise en scène, justesse de l’interprétation des acteurs, tout en ouvrant de nombreuses pistes de compréhension, mais sans en trancher une seule, une manière de souligner que ces meurtres de masse gardent une part de mystère, une part d’inexplicable.

The Assassin de Hou Hsiao-hsien

classement 2016 34

Un film magnifique formellement, mais avec une histoire difficile à comprendre, et qui a laissé beaucoup de spectateurs sur le bord de la route. En effet, difficile d’entrer dans une histoire où on se dit à la fin du film, « ah mais en fait c’est le cousin de celle-là » alors qu’on est censé le savoir dès le début. Au final, vaut mieux se laisser porter, sans tout comprendre, en considérant le scénario comme un simple prétexte, car l’intérêt du film repose sur sa beauté quasi picturale. Difficile de trouver quelque chose d’aussi soigné et d’aussi hypnotisant visuellement. Mais cela a quand même un côté film d’ascète sans concessions pour le spectateur. Personnellement je bloque sur le côté extrêmement elliptique de la narration, et disons-le carrément sur l’absence de narration, qui empêche d’entrer pleinement dans le film. C’est comme si le cinéaste avait tout misé sur un seul aspect (parmi tant d’autres) du cinéma – la beauté visuelle – en laissant de côté tout le reste comme si c’était superflu, ce qui donne une impression de déséquilibre. Je veux dire par là que même Kubrick, qui, dans certains de ses films, était lui aussi un maître en matière de scènes contemplatives absolument passionnantes, n’aurait jamais osé ne pas se soucier de son spectateur à ce point. Mais si vous voulez de l’esthétique et rien que de l’esthétique, alors vous tenez là le film le plus réussi esthétiquement, et de loin, de cette année 2016, raison pour laquelle il figure dans mon classement, en dépit de mes réserves sur les autres aspects.

Midnight Special de Jeff Nichols

MIDNIGHT SPECIAL

Un enfant doté de pouvoirs exceptionnels, retenu par une communauté de bigots de l’Amérique profonde, est enlevé par son père (Michael Shannon) qui tente avec un ami de le mettre à l’abri. Ils sont alors pourchassés par les membres de cette communauté et par les autorités. Ne supportant pas la lumière du jour, l’enfant doit être déplacé la nuit de préférence, comme dans l’époustouflante scène d’ouverture, une fuite sur les chapeaux de roues particulièrement immersive. La référence à Spielberg est manifeste, même si l’on retrouve également les thèmes chers à Jeff Nichols, à savoir l’Amérique rurale et les individus marginaux, plus ou moins rejetés par leur communauté. Ce n’est pas le meilleur film de Jeff Nichols (plutôt Take Shelter à mes yeux, où Michael Shannon incarne un cassandre annonçant une immense catastrophe) mais il vaut néanmoins le détour.

L’effet aquatique de Sólveig Anspach

classement 2016 37

Samir, un grand dadais, grutier à Montreuil, assiste à une scène d’engueulade entre une jeune femme maître-nageuse et un dragueur qu’elle envoie bouler. Bien que sachant nager, il décide de s’inscrire à son cours de nage afin de la séduire. S’engage alors un long chemin semé de maladresses et de loufoqueries en tout genre, Samir ne voulant pas lâcher l’affaire, quitte à se couvrir de ridicule, dans un élan presque adolescent, faisant surgir du romanesque dans la vie quotidienne. Ce film fut le dernier de la réalisatrice, morte d’un cancer en 2015.

L’Economie du couple de Joachim Lafosse

classement 2016 38

Voilà un film bien déprimant, pas émouvant du tout (ou à peine) mais juste déprimant. Ici la froideur n’est pas synonyme d’ennui pour le spectateur, car c’est l’histoire d’un homme et d’une femme (Cédric Kahn et Bérénice Béjo), qui se séparent après 15 ans de vie commune. La femme, universitaire, tient la caisse et est propriétaire de la maison, tandis que l’homme, écrivaillon, donc pauvre, n’a fait que la retaper, argument qu’il brandira néanmoins pour rééquilibrer le dialogue. En attendant, il est contraint de cohabiter avec Bérénice Béjo, en attendant des jours meilleurs financièrement parlant. Entre eux deux, il reste bien évidemment la question des enfants, sans cesse repoussée, et qu’il faudra bien trancher à un moment ou à un autre. Bérénice Béjo donne dans le réalisme brut, avec ce rôle de femme assaillie par les responsabilités, qu’elles soient universitaires ou domestiques, redonnant au mot « économie » son sens originel, étymologique, antique : « gestion, administration de la maison ».

Voici mon classement précédent, celui des meilleurs films de 2015 :

https://7emeart.wordpress.com/2016/02/11/les-meilleurs-films-de-2015/

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Une réflexion sur “Les meilleurs films de 2016

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