Les Huits salopards (2015) de Quentin Tarantino

Après avoir vu ce film deux fois, j’ai pensé que ça méritait bien un article. Ce deuxième visionnage fut assez curieux car en allant au cinéma, j’ai déambulé dans des rues désertes, en ce dimanche après-midi marqué par un match de foot entre la France et l’Irlande, dont je me foutais complètement. Mais même dans la rue on n’échappe pas à la bigoterie sportive des autres, avec tous ces hurlements fanatiques qui émanaient des bars ou des appartements. Ce dimanche était également marqué par la Fête du Cinéma, mais cela n’a pas empêché le cinéma qui ressortait ce Tarantino pour l’occasion d’être complètement vide, mis à part deux ou trois couples de p’tits vieux. J’ai donc revu et été une fois de plus bluffé par ce film où l’on ne voit pas le temps passer et ce, malgré ses trois heures. On est captivé par des dialogues toujours aussi savoureux, écrits et drôles, une marque de fabrique chez Tarantino, et par ces scènes qui montent en tension jusqu’à ce que la violence explose et ne repeigne les murs à coup d’hémoglobine.

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Quelques bonnes scènes (02)

No Country for Old Men (2007) de Joel et Ethan Coen

Une scène glaçante où l’on voit un texan lambda (l’excellent Josh Brolin), qui aime chasser dans le désert, revenir sur le lieu où il a découvert, plus tôt dans la journée et par hasard, les restes d’un deal de drogue qui a mal tourné : des cadavres et des véhicules criblés de balles jonchent le sable du désert. Avant de revenir sur le lieu du massacre, il avait vaguement prévenu sa compagne en lui disant : « Je sais que c’est une connerie monumentale mais je vais quand même la faire ». Il ne pouvait pas mieux dire, surtout quand on voit les premières secondes de la scène qui suit, où les dealers prennent le soin de crever les pneus de son 4×4 avant de descendre sur le lieu du massacre. En plus c’est une scène très soignée formellement, avec le jour qui se lève progressivement : scène

Hana-Bi (1997) de Takeshi Kitano

Avec cette scène, on a un aperçu de la mécanique que Kitano déploie dans tous ses films : des moments calmes voire contemplatifs prennent brutalement fin par l’irruption d’une violence parfois extrême. Cette mécanique était déjà présente dans d’autres films asiatiques de la seconde moitié du XXème siècle, dont Tarantino a pu s’inspirer pour Continuer la lecture de Quelques bonnes scènes (02)

Le Parrain (1972, 1974, 1990) de Francis Ford Coppola

Cette trilogie, ce bloc de marbre finement ciselé mérite une place de choix dans l’histoire du cinéma, au vu de sa profondeur et de sa richesse dramatiques. Ce sont des films longs mais équilibrés, on n’a pas affaire à de grands films malades qui pètent plus haut que leur derrière. Et avoir réussi cela pour les trois opus relève du coup de maître. Car on revient de loin. Coppola dut batailler avec les producteurs afin d’imposer sa propre vision du premier volet de la trilogie, adapté du roman homonyme à succès de Mario Puzo, qui participa aux scénarios des trois films. Le résultat ? Un triomphe commercial, qui rapporta un million de dollars par jour le premier mois d’exploitation. Le deuxième volet fut une commande de la Paramount, qui voulut surfer sur ce succès. Les deux films ont chacun obtenu l’oscar du meilleur film. Marlon Brando et Robert de Niro ont, quant à eux, été récompensés pour leur prestation. Pour ce qui est du troisième volet, Coppola a avoué n’avoir accepté de le faire que pour le fric, afin d’éponger les quelque 12 millions de dollars de dettes qu’il avait cumulés suite à ses échecs commerciaux des années 1980. Mais n’empêche quelle conclusion ! Bien que le film soit un poil moins réussi que les deux premiers.

Le parrainnn

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