Julieta, Café Society, Ma Loute : trois films sur les marches cannoises

Julieta (2016) de Pedro Almodóvar

Julieta

Un très beau film, Almodóvar revient à une veine plus sombre et dramatique, un peu dans la lignée d’Etreintes brisées, délaissant l’humour et l’exubérance qui pouvaient caractériser certains de ses précédents films, notamment son dernier, Les Amants passagers, où il avait poussé assez loin le curseur dans le registre mœurs libérées. Dans Julieta, on en revient à l’épure, mais sans que cela soit austère, nous ne sommes pas noyés sous une musique trop envahissante car dans ce film, elle soutient très justement cette histoire d’une femme voyant le temps et les générations qui passent, certains êtres chers disparaissent, et puis cela se renouvelle, on refait sa vie avec d’autres, avec une rapidité et une facilité qui pourraient presque relever du cynisme. Néanmoins, et c’est là que le film parvient à Continuer la lecture de Julieta, Café Society, Ma Loute : trois films sur les marches cannoises

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Quelques bonnes scènes (01)

Mammuth (2010) de Gustave Kervern et Benoît Delépine

Après avoir vu ça, on ne peut plus s’empêcher d’y penser à chaque fois que l’on passe devant un étal de boucher. Depardieu, qui excelle quand il s’agit de pousser une gueulante, est pour une fois sur la défensive, face au cynisme ambiant nourri par la crise économique. Sujet dont Kervern (qui joue le boucher) et Delépine se nourrissent dans leurs films, dans lesquels ils dépeignent en général des personnages hauts en couleur, pas vraiment favorisés par la vie, mais qui persistent à chercher un sens à leur vie, le tout avec de sacrées performances d’acteur, allant jusqu’à révéler le potentiel comique de… Michel Houellebecq, dans Near Death Experience. Dans cette scène on frôle limite le burlesque, surtout quand on voit Kervern et Depardieu s’éloigner tout en s’insultant, en plus c’est joué avec une telle spontanéité.

Crimes et Délits (1989) de Woody Allen

Une scène issue d’un des plus grands chefs-d’œuvre de Woody Allen, où celui-ci joue un personnage un peu fauché qui Continuer la lecture de Quelques bonnes scènes (01)

Cinéphiles et cinéphilies (2010) de L. Jullier et J.-M. Leveratto (Armand Colin)

Cet ouvrage nous décrit la naissance et le développement de la cinéphilie, en tant que celle-ci désigne une culture partagée par des amateurs de cinéma. Cette culture commune est l’occasion d’échanges, de débats au cours desquels se confrontent des jugements et avis différents sur les films. Selon les auteurs, la cinéphilie se caractérise surtout par la recherche et le visionnage de grands films, il s’agit pour le cinéphile de trouver de bons films, qui lui permettront de vivre une expérience marquante. Au fond, il s’agit de se focaliser sur des films qui méritent d’être retenus pour leur qualité et le plaisir qu’ils procurent, en utilisant des dispositifs (les critiques de cinéma, listes de films à voir, les festivals qui récompensent les meilleurs films) qui lui permettent de faire le tri, de sélectionner dans la masse de tous les films afin d’en dégager les œuvres de qualité. D’où le sous-titre du livre « Une histoire de la qualité cinématographique ». En outre, les auteurs insistent sur le fait que le cinéma a pu faire et fait encore office de nos jours d’ « école de la vie », il engendre des comportements d’admiration et de mimétisme, que ce soit avec les manières de s’habiller, de se coiffer, de marcher ou bien de tenir sa cigarette. Le cinéma constituant alors, selon le concept de Michel Foucault, une « technique du corps ».

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